Bienvenue au site Officiel du théâtre National Tunisien      Direction: Mohamed Driss   58, Place Halfaouine  B.P 183  Bab  Souika  1006 Tunis  Tunisie   Tél.  +216 71 56 56 93  fax  +216 71 56 56 40      
       
 
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Vive Shakespeare

      Théâtre de plaisir, plaisir du théâtre 

              A Hammamet, le public, charmé et entraîné, applaudit a tout rompre les gent du théâtre national tunisien à la fin de la prestation publique de « vive Shakespeare » 
( Iaïchou   Shakespeare ), la dernière création signée, texte et mise en scène, par Mohamed Driss.
          Avec ce spectacle, le TNT met en acte la philosophie  ( l’éthique et l’esthétique ) qu’entend promouvoir M. Driss au sein de cette institution, une philosophie qui répudie les grandes rhétorique politiques et leurs assommantes phraséologie pour ne se vouer qu’au seul plaisir théâtral, plaisir de jouer (coté acteur) et plaisir de voir (coté spectateur).
          Philosophie de courte vue ? possible, il reste cependant  qu’un nouveau ciel se dessine non seulement pour le TNT mais aussi, peut-être pour tout le théâtre tunisien après des dizaines d’années de théâtre dit «  militant », armé et militaire, de théâtre _ en définitive _ chagrin, triste parce que réaliste.
 
Un théâtre populaire
 
          Situer « Vive Shakespeare » d’abord facile, il faudrait se souvenir des derniers Driss, des «Ismail Pacha » et des « Salut l'instit». Entre ces spectacles, par-delà les différences, des correspondances et des échos, proches ou lointains, mais présents, réels et indéniables. M. Driss, dedans le TNT ou hors après « La Noce», « l'Héritage » et «Ghasselet-Ennoueder >» TNT, est fidèle a lui-même. il suit son destin, assume-sa vie d'artiste, fait et relance sa route.
          Depuis son départ du « Nouveau Théâtre», M. Driss cherche manifestement à cultiver, avec les «Ismail Pacha » et les« Salut l’instit» un théâtre simple, très populaire, au sens noble de 1'expression, au sens de Jean Vilar, un théâtre qui rythme avec 1'ame de la foule. Non pas la foule canaille mais la foule qui possède Ie sentiment du beau, qui demande (c'est une demande, donc) à s'élever à une certaine hauteur esthétique et morale.
          En ce sens, rien d'étonnant en ce que ce théâtre se fasse «assez cultive» car c'est un théâtre cultive voyez « Salut 1'lnstit», voyez même «Ismail Pacha» (spectacle qui m'a laisse personnellement sur mes réserves) ce sont des pièces d'un théâtre cultive, bon chic, bon genre mais a 1'heure précisément ou la foule se fait (ça lui arrive) d'être bon chic, bon genre.
          «Vive Shakespeare » est ainsi le spectacle qui consacre (définitivement ?) cette nouvelle orientation de Driss qui voudrait retrouver l'expression populaire ennoblie du théâtre le notre.
 
Une esthétique de la simplicité
 
          Telle que «Vive Shakespeare » la mani­feste avec éloquence, voici cette esthétique et ses grands principes directeurs. .On a d'abord une intrigue simplifiée a 1'extreme. ici, un roman d'amour (entre Habiba et Habib) dans un climat de haine sordide et de lutte d'intérêts grotesques. On ne saurait dire que cette histoire est truffée de rebondissements ni qu'elle manage de très grandes surprises. Des le nœud, le dénouement de ce fait, à la limite, prévisible. On ne peut se tromper sur 1'issue, décidée avec désinvolture d'ailleurs, I'intérêt est donc ailleurs. i1 ne saurait être qu'ailleurs.
          On a ensuite, des personnages réduits a quelques gros traits. Schématiques, ils frôlent les rôles (donc, forcement, codes, très codes). Le contenu de ce qu'ils font et même de ce qu'ils disent ne nous intéresse pas beaucoup en vérité, Leur intérêt réside ailleurs. il ne saurait résider qu'ailleurs.
          il  n'est pas jusqu'a la morale, la phrase idéologique de base (diraient les doctes) qui, parce que simple, un peu simplette même (aimez-vous !), ne nous laisse un peu indifférent. Encore une fois, I'intérêt ne pourrait tenir la non plus. il doit être ailleurs. Mais ou ? Oui, ni est I'intérêt de cette «Vive Sha­kespeare » s'il n'est ni dans son argument, ni dans les protagonistes du drame, ni dans la morale qu'elle défend ?
 
L’art de la fantaisie
 
          Tout I'intérêt de « Vive Shakespeare»tient précisément dans cet art un peu consomme de dévaloriser le contenu au bénéfice de la forme comme si la forme était séparable du contenu. Ce qui retient dans cette pièce ce n'est jamais ce qui se raconte mais la manière dont il se raconte, jamais ce qui se fait mais la manière dont les faits s'enchaînent, jamais ce qui se dit, mais la manière dont se disent les discours. Tout est dans la forme, tout est dans la façon avec laquelle les choses se construisent.
          Des lors, 1'action se retrouve dévalorisée au profit de 1'enchamement des motifs narratifs entre eux. Cet enchaînement se fait sur un mode très accélère. Les événements arrivent en  cascade. Rien ne réussit a s'installer. On a le vertige. On conçoit que les transitions reliant ces faits et événements soient extrêmement lâches et parfois arbitraires. Un rien peut justifier 1'intrusion d'une anecdote ou d'un événement. On veut raconter (et montrer) un bal. Fort bien, facile. il suffit d'une réflexion du genre. «iI n'y a pas que Vienne ou l'on trouve des bals », et voila une séquence bal. On ne peut mieux faire dans la désinvolture. Dramaturgiquement, les séquences se succèdent aussi, non pas selon de grandes nécessites drama-tiques mais selon une sorte de nécessite humorale — disons arbitraire. La dramaturgie de M. Driss est une dramaturgie d'humeur.
          Les personnages qui portent ces événe­ments semblent un peu beaucoup des impliqués de ces événements qu'ils sont censés assumer. ils sont presque témoins de leurs propres faits, gestes et discours. ils ont I'air de ne pas être concernes, ils sont comme distances (M. Driss n'a pas oublie le Brecht de «I'opéra de quat sous »). Grâce à cette implication des acteurs du drame, par cette désinvolture des protagonistes, 1'action est dédramatise. Le récits, devient, des lors, disponibilité intégrale, espace de fiction ou tout devient possible et plausible.
          L'arbitraire de 1'histoire (de toute histoire ?) éclate, la liberté de la fiction s'affirme : Le drame devient pure fantaisie.
 
Tout est permis
 
          Ce que nous aimons donc dans cette « Vive Shakespeare », ce qui nous séduit et charme, c'est cette fantaisie qui porte toute la logique des actions et des personnages. Cette fantaisie autorise toutes les audaces, toutes les invraisemblances. Elle légitime les mélanges des styles les genres et des codes. Et, de fait, «Vive Shakespeare» emprunte a toutes les esthétiques, exploits plusieurs codes, mobilise plusieurs registres souvent dissemblables. On évolue du comique au farces que. On saute allègrement du burlesque au clownesque, du gro­tesque a I'ubuesque, du pantalonnade a 1'arlequinade. Rien n'est interdit.
          Cependant, et c'est le génie propre de cette pièce, ce mélange, savamment orchestre et distribue, trouve son unité profonde dans l'homogénéité d'une vision globale et supérieure, celle de la totalité de la pièce. «Vive Shakespeare» plait par cette unité de la vision qui la porte. Elle s'achemine ainsi vers 1'oeuvre majeure, l’œuvres qui crée son propre code, sa propre grammaire, son propre genre — sa propre beauté. Sa beauté est sui référentielle, n'a pas besoin de références qui lui soient extérieures. Pour apprécier, évaluer et aimer cette pièce, il faudrait se décider a entrer dans sa propre danse. il faudrait la décoder a partir de son propre codage sans recourir aux schémas explicatifs extérieurs. Le mélange des genres fonctionne donc ici a merveille.
 
Ambiance de fête
 
          La mise en scène de Mohamed Driss s'évertue à valoriser cette dimension fantaisiste. il table d'abord sur le rythme ou ce qui prédomine est le régime de 1'accelere si propice  à générer 1'effet humoristique ou gai, 1'effet heureux de la fête. Le rythme de « Vive Shakespeare » est de veine festive. Ce climat de fête est soutenu par des couleurs vives et chatoyantes venues du décor (couleurs de sport, couleurs sportives), des lumières (couleurs été, couleurs estivales) et des costumes (couleurs de vêtements d'été conjuguées a des couleurs de vête­ments de jeunes ou de vieux nostalgiques des hautes époques « beylicales» si l'on veut). Les moments danses, jamais chantes. confirment cette atmosphère festive on les tempos les plus sombres sent comme gommes au profit d'une désinvolture ina­liénable.
          Il n'est pas jusqu'au jeu qui, appuyant sur la désinvolture, ne réussisse a générer ce joyeux climat d'une vie en fête qui ne veut point se laisser abattre par les peines et les tristesses. M. Driss a fait, en matière de direction d'acteurs, une belle oeuvre. il nous a fait découvrir une pléiade de jeunes figures qui promettent (Leila Dakhli, Mohamed Ali Nahdi, Hatem Rabah, Selim. «tc...). A cette caste de jeunes. il a associé une galerie de jeunes promus de 1'ISAD (Nebil Mihoub, juste et sympa, Ali Mosbahi, dans le rôle de Tayammom, précis et touchant, Mounir Argui, dans le rôle de Laham, très performant, a 1'aise et convaincant, Sabah Bouzouita dans Mme Thon une merveille de nuances...). Mais M. Driss nous a fait découvrir, en Nawal Skandrani, une actrice qu'on ignorait. il a surtout permis de redécouvrir Abdelmajid gaïes (sublime, ici sublime), Issa Harrath (un homme au métier sur), Mostpha Qoudhaï (inédit et juste) et Raouf Ben Amor (il fait ici un retour en force rappelant de quelle maîtrise, il est capable).
Tous jouent avec énorme plaisir et nous communiquent ce plaisir.
 
Le T.N.T. respire
 
          il existe bien donc une nouvelle philosophie (esthétique et éthique) a laquelle s'active Mohamed Driss. Elle tient tout entière en un art de la simplicité et du plaisir cultive, en un art qu'on ne devrait pas hésiter a qualifier de populaire.
          Cependant, cet art fait la part belle a la séduction et, donc, au spectaculaire. En ce sens, il pose (il me pose, en tout cas) problème. S'il parle trop aux yeux, ce théâtre ne parle pas assez au cœur et surtout pas a la tête (mais oui, pardi, la tête. et surtout ras-le-bol du poujadisme !). C'est un théâtre qui se voulant anti-intellectuel (le théâtre a à l'être) se défie des idées (le théâtre n'a pas du tout a se défier des idées). pas de grandes idées, semble dire ce théâtre, et voila la faille « Vive Shakespeare » ne veut soutenir aucune grande idée (a moins de décréter évidemment que l'amour, genre bibliothèque rose, est une grande idée). Cette défiance ouvre les portes a toutes les mauvaises rencontres (théâtrales). Si avec M. Driss, les mauvaises rencontres sont pratiquement exclues, qu'en est-il de certains autres hommes de théâtre qui emprunteraient ce chemin ? L'aventure n'est pas sure.
          Reste que cette option dégèle théâtralement le TNT, I'ouvre a la beauté et a la force de la scène sans qu'il doive recouvrir nécessairement aux grands slogans politicards et très fin de siècle, très décadente. Le TNT avec cette nouvelle orientation esthétique et éthique respire et tout le théâtre tunisien avec lui.

M. MOUMEN

Iaïchou Shakespeare à Carthage

 
          Mardi  soir c'était au tour de Carthage de vivre au rythme allègre, heureux,dynamique et jeune du Théâtre National Tunisien, nouvelle formule, nouvelle «recette» et nouveaux "ingrédients"
          Mohamed Driss et son équipe ont pense, lance, dit, chante et joue « Iaïchou Shakes­peare » devant un public venu nombreux (environ quatre mille spectateurs) applaudir cette nouvelle création du TNT.
Nous dirons Iaïchou  Mohamed Driss qui a su réhabiliter les dénouements heureux — pourquoi pas? — ressusciter l'amour et réconcilier les générations... le temps d'un spectacle.
           Que vive ce groupe de jeunes, ce bouquet tout en bourgeons, qui, aux pas de danse, et a mesure qu'il avance et évolue. inventa son chemin.
A ces mêmes pas, le concepteur-metteur en scène a fait confiance.
Ils ne l'ont pas déçu. ils l'ont mené loin. Bien plus loin que Shakespeare lui-même.
Et, de la rencontre, va naître une fresque de chez nous. en ce temps, en cet espace. Une fresque qui sent fort la magouille, une fresque qui sent fort la magouille, l'argent mal acquis, l'arrivisme, le ridicule des nouveaux riches, l'écroulement des maisons à souvenirs, les rivalités, les ambitions trop communes...
           Il va naître, se brasser et se parfaire un tableau signé par une fontaine d'eau pure, un ruisseau qui coule, danse et se tortille; une idylle amoureuse. Deux corps possèdes par l'amour, criant le silence, par l'esthétique du mouvement.
          II va également se peindre une galerie de portraits, de photographies vivantes. A chacune, Med .Driss donnera son nom véritable. iI nommera — comme il se doit — (arriviste chez qui prospère une affaire de cassecroûte, «Abdesslem Etton". L'ambitieux «Si Krim», qui sera «chatie» de sa faim, le jardinier-gardien pret a ramper, s'echiner et renifler museau  terre «Bou Mnijel ». les amoureux «Habib »> et «Habiba», les demoi­selles de compagnie de celle ci .des noms des fleurs et des roses.. Et j'en passe...
          De leurs noms, de leurs profits, ils feront un petit monde, un échantillon de société, qui n’omet pas d'introduire l'épouse étrangère, totalement acquise à la culture et aux valeurs de chez nous, et l'homme pieux «Tayam-moum», qui regarde évoluer les choses en se frottant les mains, prêt a servir, des fois, et dressant. d'autres fois, entre lui et le monde un voile léger et blanc.
           Aux choses du décor, aussi, Mohamed Driss donne leurs noms.
          Une fastueuse façade, une toile inachevée derrière une fenêtre. un salon en rotin dans un balcon a balustrade en bois, l'enseigne d'un nouveau riche et compagnie... Une barrière haute, longue et étanche, de l'autre cote de laquelle s'érige le quartier du people. Un ensemble de toits inégaux, anarchiques habités par des antennes, une moto prête a défoncer les barrières, et une échelle prête à courtiser le balcon et joindre le haut au bas. Au milieu de tout cela le terrain de sport. véritable terrain de rivalités, et de convoitise. autour duquel se trame une histoire d'affaires, dans lequel se joue le plus clair et le plus obscur de la pièce.
           De la rencontre, enfin, entre Shakespeare, un groupe de jeunes d'aujourd'hui et une équipe d'acteurs confirmes et non moins rajeunis, fut tirée la leçon.
II  ne fallait pas — jeunesse pense, exécute et oblige  empoisonner l'amour et te tuer. iI ne fallait pas laisser gagner les manipulateurs de la malédiction...
Et, au vu de tout cela, «  laichou Shakes­peare » ne fut pas une nuit obscure. elle déboucha sur une lumière douce et éblouissante a la fois. Les barrières sont enjambées. L'amour a gagné. La jeunesse a gagné. Les vieux sont assimiles a la victoire, a la fête, célébrées cette fois ,sur les toits du quartier du peuple, sur un fond de musique de Anouar Braham, sur une trame chorégraphique de Naouel Skandrani.
          A l'écoute du temps et de ce qu’il ressuscite. ce fond et cette trame auront de leur cote initie sur le chemin de l’œuvre.
Un spectacle, et nous n'aurons pas vieilli d'une nuit !

Hédia Baraket

« AICHOU SHAKESPEARE »  A HAMMAMET

Hymne à l’amour et à la jeunesse

 
Une pièce qui constitue incontestablement l’événement culturel de l’année 88
 
Une nouvelle date que retiendra l’histoire du théâtre tunisien en général et celle du T.N.T plus particulièrement
 Plus qu'un événement théâtral, «Aïchou Shakespeare », pièce produite par le T.N.T en collaboration avec le festival international de Hammamet, écrite et mise en scène par Mohamed Driss et présente le 2 juillet à l’ouverture de la 24ème session du festival en question est incontestablement l’événement culturel de l’année 1988, avec un très grand «E » à inscrire en lettres (d’or dans la mémoire culturelle de notre pays.
Nous l’avons dit en temps Opportun ; le vrai changement est culturel.
 Aujourd'hui, « Aïchou Shakespeare » est venue nous donner un exemple de ce que peut produire le génie tunisien quand on fait confiance aux compétences et à la jeunesse. Alors, vive la compétence, vive la jeunesse et vive l'amour. Car, voulant s'inscrire dans le sens de l’histoire et du renouveau, cette pièce a dit l’essentiel de ce qu’il faut dire en se présentant comme un hymne à l’amour et à la jeunesse.
 
Quelle attitude peut prendre le critique en assistant a cette pièce ?Doit-il s'attacher a présenter une lecture critique de la pièce en tant qu’œuvre théâtral, parler de sa conception, de sa mise en scène, des techni­ques utilisées pour sa réalisa­tion etc..? Ou bien doit-il ajourner tout cela, pour souligner l’événement que représente ce spectacle pour la vie artistique et culturelle dans notre pays ?
 
La réconciliations
Avouons que, pour le mo­ment, c'est la seconde approche qui nous tente le plus. Car, au vu de sa qualité artisti­que, «Aïchou Shakespeare» est tout simplement un chef-d’œuvre, un grand moment de délectation théâtrale. Un chef-d’œuvre à classer parmi les quatre ou cinq meilleurs spec­tacles jamais produits en Tunisie et, disons-le sans complai­sance, dans le monde arabe ; avec, bien évidemment, une petite différence, un petit plus en quelque sorte, qui fait qu'avec «Aïchou Shakespeare», le théâtre tunisien de qualité ne s'adresse plus à un public restreint, d'élite, mais opère sa grande réconciliation avec les masses. «Aïchou Shakespeare» est une pièce de grande qualité, à la portée de tous. Elle administre la preuve, si besoin est, que le théâtre est, et doit toujours rester, un art populaire ; et que, entre le populisme primaire et débilitant que certains continuent a adopter, et l’art authentiquement populaire, il y a tout un monde fait de sincérité, de créativité, d'accouchement dans la Dou-Leur et surtout de respect pour le public.
 
«Aïchou T.N.T»
Le théâtre de plein air du C.C.I Hammamet était plein à craquer, ce samedi 2 juillet. A habituelle affluence des festivaliers venus assister à la traditionnelle cérémonie d'ouverture, s'est associée la ruée vers l’événement d'un public d'avertis venu chercher une réponse a la question que tout le monde posait, depuis la nomi­nation de Mohamed Driss a la tête du T.N.T et surtout depuis l’opération «nettoyage» que ce dernier à menée courageusement, au risque de s'attirer la foudre des mécontents qui n'ont pris en considération que l’aspect syndical du problème du T.N.T .
Comment va se présenter le T.N.T «new look» ? Voila la question que tout le monde se posait bien avant l’ouverture des portes du théâtre, dans les cafés et restaurants de Ham­mamet ou le tout Tunis des arts, de la culture et du journalisme s'était rassemble.
Des leur arrivée sur les gradins, les spectateurs sont tombes en admiration devant le décor gigantesque de la pièce. On ne savait pas distinguer ce qui était déjà la avant la créa­tion de ce spectacle, de ce que les décorateurs ont ajoute au paysage.
L'exploitation de l’espace par le T.N.T était parfaite. L’architecture des décors était visiblement inspirée de l’architecture du théâtre lui-même.
On prend place. Les lumières sont éteintes. Quelques petits sifflements et puis démarre le spectacle.
Bonjour le rythme, bonjour les belles surprises, bonjour le jeu raffine, bonjour le plaisir des yeux, des oreilles et des sens. Le spectacle dansait, chantait, intriguait. En une phrase, «Aïchou Shakespeare» vivait et faisait vivre un grand moment de plaisir. Les plus sérieux des critiques abandonnent leurs blocs-notes et se laissent emporter par la vague de bonheur qui investit les gradins .
             On ne s'aperçoit pas du temps qui passe. Fini le spec­tacle, on pousse un «ouf»..! Mats un «ouf» de soulagement.
Enfin la Tunisie a un théâtre national, un vrai. Avec tout le respect qu'on doit & tons ceux qui ont sue pour mettre sur pieds la structure T.N.T, on ne peut s'empêcher d'annoncer que la véritable naissance artis­tique du Théâtre national tuni­sien  eu lieu un certain samedi 2 juillet 1988 a Hammamet, grâce au grand talent de Moha­med Driss et de toute son équipe, composée essentielle-ment de jeunes qui ont prêté main forte aux autres comédiens confirmés.
L'histoire du théâtre tuni­sien  retiendra  cette  date comme étant celle de la récon­ciliation de Fart avec son pu­blic et surtout celle de «l’ancienne» génération qui a déjà fait ses preuves avec la généra­tion des espoirs du théâtre tunisien.
En scandant tout haut «Aïchou T.N.T», on ne doit pas omettre de souligner l’effort de tous les artistes qui ont participe a ce succès, a commencer par l’auteur-metteur en scène Mohamed Driss, la chorégraphe Nawel Scandrani et le musicien Anouar Braham dont la musique, qui fait de larges clins d'yeux a celles de Saied Darouiche, et de Mikis Theodorakis a intelligemment servi le spectacle.
Dans les loges pleines a craquer, Mohamed Driss a résu­me son émotion en une seule phrase traduisant tout 1'espoir des hommes de théâtre sincères de notre pays. «Tout est a faire maintenant», nous confie-t-il. C'est que «Aïchou Shakespeare» n'est qu'un point de départ qui annonce des lendemains meilleurs. C'est aussi un clin d’œil aux autorités qui sont appelées à garantir au théâtre tunisien en général et au T.N.T en particulier, les moyens matériels nécessaires i une production de qualité.
Pour notre part, nous ne pouvons que souhaiter bonne chance et surtout bonne conti­nuation a toute 1'equipe du T.N.T. Et, que vive la jeunesse du quatrième art tunisien.
 
Salem Labbene.
la Presse 5 /07/1988

DISTRIBUTION 
 
Musique :
Chorégraphie :
Éclairage :
Costumes :
Affiche :
Effets spéciaux :
Maquillage :
Assistant metteur en scène :
Deuxième assistant metteur en scène :
Script :
Régie générale :
Suivi de l'exécution des décors :
Régie son :
Régie de plateau :
Assistant à la Régie:
Régie éclairage :
Machinerie :
Exécution des costumes :
Anouar Brahem
Nawal Skandrani
Youssef Ben Youssef
Zeineb Azizi
Mohamed Guiga
Younés El Ajmi
Fatma Jaziri
Ridha Drira
Ali Mosbah
Sabah Bouzouita
Hédi Boumaiza
Mourad Ben Escheikh
Brahim Bahloul
Mustapha Koudhai
Béchir Ghariani
Tahar Lakhdari / Habib Jarmoud
Rachid Hajjaji / Ali Tizaoui
Sabah Abdelmelek M'tibâa
Raouf Ben Amor :  
Aissa Harrath :   
Abdelhamid Ben Gayes :  
Nawal Skandrani :  
Slaheddine M'saddek :   
Sabah Bouzouita  
Nabil Mihoub :  
Leila Dakhli :  
Hatem Berrabah :  
Jamel Sassi :     
Ali Mosbah :   
Mohamed Mounir El Argui :   
Slim Sanhaji :   
Semia El Meddeb :   
Radhouan El Meddeb :   
Lina Dammak :   
Sabria Skandrani :   
Leila Ouertani :   
Marouan Kheriji :
Mustapha Koudhaî :  
Mohamed Ali Nahdi :  
Si Krim
Boumnijel
Jilani
Jannette
Si Abdesslem Ettoun
Faouzia Ettoun
Si Morthada
Habiba
Habib
Néjib Ettoun
Tayammoum
Laham
Abdou
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Nejma
Louza
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Dali