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Moutachaâbitoun
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Etoile
d'un Jour "Othello"



































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Vive Shakespeare
Théâtre
de plaisir, plaisir du théâtre
A Hammamet, le public, charmé et entraîné,
applaudit a tout rompre les gent du théâtre national tunisien à
la fin de la prestation publique de « vive Shakespeare »
( Iaïchou Shakespeare ), la
dernière création signée, texte et mise en scène, par Mohamed
Driss.
Avec ce spectacle, le
TNT met en acte la philosophie ( l’éthique et l’esthétique )
qu’entend promouvoir M. Driss au sein de cette institution, une
philosophie qui répudie les grandes rhétorique politiques et
leurs assommantes phraséologie pour ne se vouer qu’au seul
plaisir théâtral, plaisir de jouer (coté acteur) et plaisir de
voir (coté spectateur).
Philosophie de courte
vue ? possible, il reste cependant qu’un nouveau ciel se
dessine non seulement pour le TNT mais aussi, peut-être pour
tout le théâtre tunisien après des dizaines d’années de théâtre
dit « militant », armé et militaire, de théâtre _ en définitive
_ chagrin, triste parce que réaliste.
Un théâtre populaire
Situer « Vive Shakespeare » d’abord facile, il faudrait se
souvenir des derniers Driss, des «Ismail Pacha » et des « Salut
l'instit». Entre ces spectacles, par-delà les différences, des
correspondances et des échos, proches ou lointains, mais
présents, réels et indéniables. M. Driss, dedans le TNT ou hors
après « La Noce», « l'Héritage » et «Ghasselet-Ennoueder >» TNT,
est fidèle a lui-même. il suit son destin, assume-sa vie
d'artiste, fait et relance sa route.
Depuis son départ du «
Nouveau Théâtre», M. Driss cherche manifestement à cultiver,
avec les «Ismail Pacha » et les« Salut l’instit» un théâtre
simple, très populaire, au sens noble de 1'expression, au sens
de Jean Vilar, un théâtre qui rythme avec 1'ame de la foule. Non
pas la foule canaille mais la foule qui possède Ie sentiment du
beau, qui demande (c'est une demande, donc) à s'élever à une
certaine hauteur esthétique et morale.
En ce sens, rien
d'étonnant en ce que ce théâtre se fasse «assez cultive» car
c'est un théâtre cultive voyez « Salut 1'lnstit», voyez même
«Ismail Pacha» (spectacle qui m'a laisse personnellement sur mes
réserves) ce sont des pièces d'un théâtre cultive, bon chic, bon
genre mais a 1'heure précisément ou la foule se fait (ça lui
arrive) d'être bon chic, bon genre.
«Vive Shakespeare » est
ainsi le spectacle qui consacre (définitivement ?) cette
nouvelle orientation de Driss qui voudrait retrouver
l'expression populaire ennoblie du théâtre le notre.
Une esthétique de la simplicité
Telle que «Vive Shakespeare » la manifeste avec éloquence,
voici cette esthétique et ses grands principes directeurs. .On a
d'abord une intrigue simplifiée a 1'extreme. ici, un roman
d'amour (entre Habiba et Habib) dans un climat de haine sordide
et de lutte d'intérêts grotesques. On ne saurait dire que cette
histoire est truffée de rebondissements ni qu'elle manage de
très grandes surprises. Des le nœud, le dénouement de ce fait, à
la limite, prévisible. On ne peut se tromper sur 1'issue,
décidée avec désinvolture d'ailleurs, I'intérêt est donc
ailleurs. i1 ne saurait être qu'ailleurs.
On a ensuite, des
personnages réduits a quelques gros traits. Schématiques, ils
frôlent les rôles (donc, forcement, codes, très codes). Le
contenu de ce qu'ils font et même de ce qu'ils disent ne nous
intéresse pas beaucoup en vérité, Leur intérêt réside ailleurs.
il ne saurait résider qu'ailleurs.
il n'est pas jusqu'a la
morale, la phrase idéologique de base (diraient les doctes) qui,
parce que simple, un peu simplette même (aimez-vous !), ne nous
laisse un peu indifférent. Encore une fois, I'intérêt ne
pourrait tenir la non plus. il doit être ailleurs. Mais ou ?
Oui, ni est I'intérêt de cette «Vive Shakespeare » s'il n'est
ni dans son argument, ni dans les protagonistes du drame, ni
dans la morale qu'elle défend ?
L’art de la fantaisie
Tout I'intérêt de « Vive Shakespeare»tient précisément dans cet
art un peu consomme de dévaloriser le contenu au bénéfice de la
forme comme si la forme était séparable du contenu. Ce qui
retient dans cette pièce ce n'est jamais ce qui se raconte mais
la manière dont il se raconte, jamais ce qui se fait mais la
manière dont les faits s'enchaînent, jamais ce qui se dit, mais
la manière dont se disent les discours. Tout est dans la forme,
tout est dans la façon avec laquelle les choses se construisent.
Des lors, 1'action se
retrouve dévalorisée au profit de 1'enchamement des motifs
narratifs entre eux. Cet enchaînement se fait sur un mode très
accélère. Les événements arrivent en cascade. Rien ne réussit a
s'installer. On a le vertige. On conçoit que les transitions
reliant ces faits et événements soient extrêmement lâches et
parfois arbitraires. Un rien peut justifier 1'intrusion d'une
anecdote ou d'un événement. On veut raconter (et montrer) un
bal. Fort bien, facile. il suffit d'une réflexion du genre. «iI
n'y a pas que Vienne ou l'on trouve des bals », et voila une
séquence bal. On ne peut mieux faire dans la désinvolture.
Dramaturgiquement, les séquences se succèdent aussi, non pas
selon de grandes nécessites drama-tiques mais selon une sorte de
nécessite humorale — disons arbitraire. La dramaturgie de M.
Driss est une dramaturgie d'humeur.
Les personnages qui portent ces événements semblent un peu
beaucoup des impliqués de ces événements qu'ils sont censés
assumer. ils sont presque témoins de leurs propres faits, gestes
et discours. ils ont I'air de ne pas être concernes, ils sont
comme distances (M. Driss n'a pas oublie le Brecht de «I'opéra
de quat sous »). Grâce à cette implication des acteurs du drame,
par cette désinvolture des protagonistes, 1'action est
dédramatise. Le récits, devient, des lors, disponibilité
intégrale, espace de fiction ou tout devient possible et
plausible.
L'arbitraire de
1'histoire (de toute histoire ?) éclate, la liberté de la
fiction s'affirme : Le drame devient pure fantaisie.
Tout est permis
Ce que nous aimons donc dans cette
« Vive Shakespeare », ce qui nous séduit et charme, c'est cette
fantaisie qui porte toute la logique des actions et des
personnages. Cette fantaisie autorise toutes les audaces, toutes
les invraisemblances. Elle légitime les mélanges des styles les
genres et des codes. Et, de fait, «Vive Shakespeare» emprunte a
toutes les esthétiques, exploits plusieurs codes, mobilise
plusieurs registres souvent dissemblables. On évolue du comique
au farces que. On saute allègrement du burlesque au clownesque,
du grotesque a I'ubuesque, du pantalonnade a 1'arlequinade.
Rien n'est interdit.
Cependant, et c'est le
génie propre de cette pièce, ce mélange, savamment orchestre et
distribue, trouve son unité profonde dans l'homogénéité d'une
vision globale et supérieure, celle de la totalité de la pièce.
«Vive Shakespeare» plait par cette unité de la vision qui
la porte. Elle s'achemine ainsi vers 1'oeuvre majeure, l’œuvres
qui crée son propre code, sa propre grammaire, son propre genre
— sa propre beauté. Sa beauté est sui référentielle, n'a pas
besoin de références qui lui soient extérieures. Pour apprécier,
évaluer et aimer cette pièce, il faudrait se décider a entrer
dans sa propre danse. il faudrait la décoder a partir de son
propre codage sans recourir aux schémas explicatifs extérieurs.
Le mélange des genres fonctionne donc ici a merveille.
Ambiance de fête
La mise en scène de Mohamed Driss
s'évertue à valoriser cette dimension fantaisiste. il table
d'abord sur le rythme ou ce qui prédomine est le régime de
1'accelere si propice à générer 1'effet humoristique ou gai,
1'effet heureux de la fête. Le rythme de « Vive Shakespeare »
est de veine festive. Ce climat de fête est soutenu par des
couleurs vives et chatoyantes venues du décor (couleurs de
sport, couleurs sportives), des lumières (couleurs été, couleurs
estivales) et des costumes (couleurs de vêtements d'été
conjuguées a des couleurs de vêtements de jeunes ou de vieux
nostalgiques des hautes époques « beylicales» si l'on veut). Les
moments danses, jamais chantes. confirment cette atmosphère
festive on les tempos les plus sombres sent comme gommes au
profit d'une désinvolture inaliénable.
Il n'est pas jusqu'au
jeu qui, appuyant sur la désinvolture, ne réussisse a générer ce
joyeux climat d'une vie en fête qui ne veut point se laisser
abattre par les peines et les tristesses. M. Driss a fait, en
matière de direction d'acteurs, une belle oeuvre. il nous a fait
découvrir une pléiade de jeunes figures qui promettent (Leila
Dakhli, Mohamed Ali Nahdi, Hatem Rabah, Selim. «tc...). A
cette caste de jeunes. il a associé une galerie de
jeunes promus de 1'ISAD (Nebil Mihoub, juste et sympa, Ali
Mosbahi, dans le rôle de Tayammom, précis et touchant, Mounir
Argui, dans le rôle de Laham, très performant, a 1'aise et
convaincant, Sabah Bouzouita dans Mme Thon une merveille de
nuances...). Mais M. Driss nous a fait découvrir, en Nawal
Skandrani, une actrice qu'on ignorait. il a surtout permis de
redécouvrir Abdelmajid gaïes (sublime, ici sublime), Issa
Harrath (un homme au métier sur), Mostpha Qoudhaï (inédit et
juste) et Raouf Ben Amor (il fait ici un retour en force
rappelant de quelle maîtrise, il est capable).
Tous jouent avec énorme plaisir et
nous communiquent ce plaisir.
Le T.N.T. respire
il existe bien donc une nouvelle philosophie (esthétique et
éthique) a laquelle s'active Mohamed Driss. Elle tient tout
entière en un art de la simplicité et du plaisir cultive, en un
art qu'on ne devrait pas hésiter a qualifier de populaire.
Cependant, cet art fait
la part belle a la séduction et, donc, au spectaculaire. En ce
sens, il pose (il me pose, en tout cas) problème. S'il
parle trop aux yeux, ce théâtre ne parle pas assez au cœur et
surtout pas a la tête (mais oui, pardi, la tête. et surtout
ras-le-bol du poujadisme !). C'est un théâtre qui se voulant
anti-intellectuel (le théâtre a à l'être) se défie des idées (le
théâtre n'a pas du tout a se défier des idées). pas de grandes
idées, semble dire ce théâtre, et voila la faille « Vive
Shakespeare » ne veut soutenir aucune grande idée (a moins de
décréter évidemment que l'amour, genre bibliothèque rose, est
une grande idée). Cette défiance ouvre les portes a toutes les
mauvaises rencontres (théâtrales). Si avec M. Driss, les
mauvaises rencontres sont pratiquement exclues, qu'en est-il de
certains autres hommes de théâtre qui emprunteraient ce chemin ?
L'aventure n'est pas sure.
Reste que cette option
dégèle théâtralement le TNT, I'ouvre a la beauté et a la force
de la scène sans qu'il doive recouvrir nécessairement aux grands
slogans politicards et très fin de siècle, très décadente. Le
TNT avec cette nouvelle orientation esthétique et éthique
respire et tout le théâtre tunisien avec lui.
M. MOUMEN
Iaïchou Shakespeare à Carthage
Mardi soir c'était au tour de Carthage de vivre au rythme
allègre, heureux,dynamique et jeune du Théâtre National
Tunisien, nouvelle formule, nouvelle «recette» et nouveaux
"ingrédients"
Mohamed Driss et son
équipe ont pense, lance, dit, chante et joue « Iaïchou
Shakespeare » devant un public venu nombreux (environ quatre
mille spectateurs) applaudir cette nouvelle création du TNT.
Nous dirons Iaïchou Mohamed Driss
qui a su réhabiliter les dénouements heureux — pourquoi pas? —
ressusciter l'amour et réconcilier les générations... le temps
d'un spectacle.
Que vive ce groupe de
jeunes, ce bouquet tout en bourgeons, qui, aux pas de danse, et
a mesure qu'il avance et évolue. inventa son chemin.
A ces mêmes pas, le
concepteur-metteur en scène a fait confiance.
Ils ne l'ont pas déçu. ils l'ont
mené loin. Bien plus loin que Shakespeare lui-même.
Et, de la rencontre, va naître une
fresque de chez nous. en ce temps, en cet espace. Une fresque
qui sent fort la magouille, une fresque qui sent fort la
magouille, l'argent mal acquis, l'arrivisme, le ridicule des
nouveaux riches, l'écroulement des maisons à souvenirs, les
rivalités, les ambitions trop communes...
Il va naître, se
brasser et se parfaire un tableau signé par une fontaine d'eau
pure, un ruisseau qui coule, danse et se tortille; une idylle
amoureuse. Deux corps possèdes par l'amour, criant le silence,
par l'esthétique du mouvement.
II va également se
peindre une galerie de portraits, de photographies vivantes. A
chacune, Med .Driss donnera son nom véritable. iI nommera —
comme il se doit — (arriviste chez qui prospère une affaire de
cassecroûte, «Abdesslem Etton". L'ambitieux «Si Krim», qui sera
«chatie» de sa faim, le jardinier-gardien pret a ramper, s'echiner
et renifler museau terre «Bou Mnijel ». les amoureux «Habib »>
et «Habiba», les demoiselles de compagnie de celle ci .des noms
des fleurs et des roses.. Et j'en passe...
De leurs noms, de leurs
profits, ils feront un petit monde, un échantillon de société,
qui n’omet pas d'introduire l'épouse étrangère, totalement
acquise à la culture et aux valeurs de chez nous, et l'homme
pieux «Tayam-moum», qui regarde évoluer les choses en se
frottant les mains, prêt a servir, des fois, et dressant.
d'autres fois, entre lui et le monde un voile léger et blanc.
Aux choses du décor,
aussi, Mohamed Driss donne leurs noms.
Une fastueuse façade,
une toile inachevée derrière une fenêtre. un salon en rotin dans
un balcon a balustrade en bois, l'enseigne d'un nouveau riche et
compagnie... Une barrière haute, longue et étanche, de l'autre
cote de laquelle s'érige le quartier du people. Un ensemble de
toits inégaux, anarchiques habités par des antennes, une moto
prête a défoncer les barrières, et une échelle prête à courtiser
le balcon et joindre le haut au bas. Au milieu de tout cela le
terrain de sport. véritable terrain de rivalités, et de
convoitise. autour duquel se trame une histoire d'affaires, dans
lequel se joue le plus clair et le plus obscur de la pièce.
De la rencontre, enfin,
entre Shakespeare, un groupe de jeunes d'aujourd'hui et une
équipe d'acteurs confirmes et non moins rajeunis, fut tirée la
leçon.
II ne fallait pas — jeunesse
pense, exécute et oblige empoisonner l'amour et te tuer. iI ne
fallait pas laisser gagner les manipulateurs de la
malédiction...
Et, au vu de tout cela, « laichou
Shakespeare » ne fut pas une nuit obscure. elle déboucha sur
une lumière douce et éblouissante a la fois. Les barrières sont
enjambées. L'amour a gagné. La jeunesse a gagné. Les vieux sont
assimiles a la victoire, a la fête, célébrées cette fois ,sur
les toits du quartier du peuple, sur un fond de musique de
Anouar Braham, sur une trame chorégraphique de Naouel Skandrani.
A l'écoute du temps et
de ce qu’il ressuscite. ce fond et cette trame auront de leur
cote initie sur le chemin de l’œuvre.
Un spectacle, et nous n'aurons pas
vieilli d'une nuit !
Hédia Baraket
« AICHOU
SHAKESPEARE » A HAMMAMET
Hymne à l’amour et à la jeunesse
Une pièce qui constitue incontestablement l’événement culturel
de l’année 88
Une nouvelle date que retiendra l’histoire du théâtre tunisien
en général et celle du T.N.T plus particulièrement
Plus qu'un événement théâtral, «Aïchou Shakespeare », pièce
produite par le T.N.T en collaboration avec le festival
international de Hammamet, écrite et mise en scène par Mohamed
Driss et présente le 2 juillet à l’ouverture de la 24ème session
du festival en question est incontestablement l’événement
culturel de l’année 1988, avec un très grand «E » à inscrire en
lettres (d’or dans la mémoire culturelle de notre pays.
Nous l’avons dit en temps Opportun
; le vrai changement est culturel.
Aujourd'hui, « Aïchou
Shakespeare » est venue nous donner un exemple de ce que peut
produire le génie tunisien quand on fait confiance aux
compétences et à la jeunesse. Alors, vive la compétence, vive la
jeunesse et vive l'amour. Car, voulant s'inscrire dans le sens
de l’histoire et du renouveau, cette pièce a dit l’essentiel de
ce qu’il faut dire en se présentant comme un hymne à l’amour et
à la jeunesse.
Quelle attitude peut prendre le
critique en assistant a cette pièce ?Doit-il s'attacher a
présenter une lecture critique de la pièce en tant qu’œuvre
théâtral, parler de sa conception, de sa mise en scène, des
techniques utilisées pour sa réalisation etc..? Ou bien
doit-il ajourner tout cela, pour souligner l’événement que
représente ce spectacle pour la vie artistique et culturelle
dans notre pays ?
La réconciliations
Avouons que, pour le moment,
c'est la seconde approche qui nous tente le plus. Car, au vu de
sa qualité artistique, «Aïchou Shakespeare» est tout simplement
un chef-d’œuvre, un grand moment de délectation théâtrale. Un
chef-d’œuvre à classer parmi les quatre ou cinq meilleurs
spectacles jamais produits en Tunisie et, disons-le sans
complaisance, dans le monde arabe ; avec, bien évidemment, une
petite différence, un petit plus en quelque sorte, qui fait
qu'avec «Aïchou Shakespeare», le théâtre tunisien de qualité ne
s'adresse plus à un public restreint, d'élite, mais opère sa
grande réconciliation avec les masses. «Aïchou Shakespeare» est
une pièce de grande qualité, à la portée de tous. Elle
administre la preuve, si besoin est, que le théâtre est, et doit
toujours rester, un art populaire ; et que, entre le populisme
primaire et débilitant que certains continuent a adopter, et
l’art authentiquement populaire, il y a tout un monde fait de
sincérité, de créativité, d'accouchement dans la Dou-Leur et
surtout de respect pour le public.
«Aïchou T.N.T»
Le théâtre de plein air du C.C.I
Hammamet était plein à craquer, ce samedi 2 juillet. A
habituelle affluence des festivaliers venus assister à la
traditionnelle cérémonie d'ouverture, s'est associée la ruée
vers l’événement d'un public d'avertis venu chercher une réponse
a la question que tout le monde posait, depuis la nomination de
Mohamed Driss a la tête du T.N.T et surtout depuis l’opération
«nettoyage» que ce dernier à menée courageusement, au risque de
s'attirer la foudre des mécontents qui n'ont pris en
considération que l’aspect syndical du problème du T.N.T .
Comment va se présenter le T.N.T
«new look» ? Voila la question que tout le monde se posait bien
avant l’ouverture des portes du théâtre, dans les cafés et
restaurants de Hammamet ou le tout Tunis des arts, de la
culture et du journalisme s'était rassemble.
Des leur arrivée sur les gradins,
les spectateurs sont tombes en admiration devant le décor
gigantesque de la pièce. On ne savait pas distinguer ce qui
était déjà la avant la création de ce spectacle, de ce que les
décorateurs ont ajoute au paysage.
L'exploitation de l’espace par le
T.N.T était parfaite. L’architecture des décors était
visiblement inspirée de l’architecture du théâtre lui-même.
On prend place. Les lumières sont
éteintes. Quelques petits sifflements et puis démarre le
spectacle.
Bonjour le rythme, bonjour les
belles surprises, bonjour le jeu raffine, bonjour le plaisir des
yeux, des oreilles et des sens. Le spectacle dansait, chantait,
intriguait. En une phrase, «Aïchou Shakespeare» vivait et
faisait vivre un grand moment de plaisir. Les plus sérieux des
critiques abandonnent leurs blocs-notes et se laissent emporter
par la vague de bonheur qui investit les gradins .
On ne s'aperçoit pas
du temps qui passe. Fini le spectacle, on pousse un «ouf»..!
Mats un «ouf» de soulagement.
Enfin la Tunisie a un théâtre
national, un vrai. Avec tout le respect qu'on doit & tons ceux
qui ont sue pour mettre sur pieds la structure T.N.T, on ne peut
s'empêcher d'annoncer que la véritable naissance artistique du
Théâtre national tunisien eu lieu un certain samedi 2 juillet
1988 a Hammamet, grâce au grand talent de Mohamed Driss
et de toute son équipe, composée essentielle-ment de jeunes qui
ont prêté main forte aux autres comédiens confirmés.
L'histoire du théâtre tunisien
retiendra cette date comme étant celle de la réconciliation
de Fart avec son public et surtout celle de «l’ancienne»
génération qui a déjà fait ses preuves avec la génération des
espoirs du théâtre tunisien.
En scandant tout haut «Aïchou
T.N.T», on ne doit pas omettre de souligner l’effort de tous les
artistes qui ont participe a ce succès, a commencer par l’auteur-metteur
en scène Mohamed Driss, la chorégraphe Nawel Scandrani et le
musicien Anouar Braham dont la musique, qui fait de larges clins
d'yeux a celles de Saied Darouiche, et de Mikis Theodorakis a
intelligemment servi le spectacle.
-
Dans les loges pleines a craquer, Mohamed Driss a résume son
émotion en une seule phrase traduisant tout 1'espoir des hommes
de théâtre sincères de notre pays. «Tout est a faire
maintenant», nous confie-t-il. C'est que «Aïchou Shakespeare»
n'est qu'un point de départ qui annonce des lendemains
meilleurs. C'est aussi un clin d’œil aux autorités qui sont
appelées à garantir au théâtre tunisien en général et au T.N.T
en particulier, les moyens matériels nécessaires i une
production de qualité.
-
Pour notre part, nous ne pouvons
que souhaiter bonne chance et surtout bonne continuation a
toute 1'equipe du T.N.T. Et, que vive la jeunesse du quatrième
art tunisien.
-
-
-
DISTRIBUTION
-
Musique :
-
Chorégraphie :
-
Éclairage :
-
Costumes :
-
Affiche :
- Effets
spéciaux :
-
Maquillage :
-
Assistant metteur en scène :
-
Deuxième assistant metteur en scène :
- Script
:
- Régie
générale :
- Suivi
de l'exécution des décors :
- Régie
son :
- Régie
de plateau :
-
Assistant à la Régie:
- Régie
éclairage :
-
Machinerie :
-
Exécution des costumes :
|
-
Anouar Brahem
-
Nawal Skandrani
-
Youssef Ben Youssef
-
Zeineb Azizi
-
Mohamed Guiga
- Younés El
Ajmi
- Fatma Jaziri
- Ridha Drira
- Ali Mosbah
- Sabah
Bouzouita
- Hédi Boumaiza
-
Mourad Ben Escheikh
-
Brahim Bahloul
-
Mustapha Koudhai
-
Béchir Ghariani
-
Tahar Lakhdari / Habib Jarmoud
-
Rachid Hajjaji / Ali Tizaoui
-
Sabah Abdelmelek M'tibâa
|
-
Raouf Ben Amor :
-
Aissa Harrath :
-
Abdelhamid Ben Gayes :
-
Nawal Skandrani :
-
Slaheddine M'saddek :
- Sabah Bouzouita
- Nabil Mihoub :
-
Leila Dakhli :
-
Hatem Berrabah :
- Jamel Sassi :
- Ali Mosbah :
-
Mohamed Mounir El Argui :
-
Slim Sanhaji :
-
Semia El Meddeb :
-
Radhouan El Meddeb :
-
Lina Dammak :
- Sabria Skandrani :
- Leila Ouertani :
- Marouan Kheriji :
- Mustapha Koudhaî :
-
Mohamed Ali Nahdi :
|
- Si Krim
-
Boumnijel
- Jilani
- Jannette
- Si Abdesslem
Ettoun
- Faouzia
Ettoun
- Si Morthada
- Habiba
- Habib
- Néjib Ettoun
- Tayammoum
- Laham
- Abdou
- Radhia
- Radhouan
- Kenza
- Nejma
- Louza
- Jamil
- Si Tall
- Dali
|
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